Analyse : le shoot de Stephen Curry

Stephen Curry est un joueur fascinant, le MVP 2015 et probablement 2016 (qui d’autre ?) émerveille les fans avec ses actions folles et son tir parfait. Contre Oklahoma, le Warrior a ajouté une page de plus à sa folle histoire en égalant le nombre de tir à 3 points réussi en un match (12 sur 16, 75%). Il a battu au passage son propre record de 3 points primés en une saison: 288, record en cours. Qu’est-ce qui rend son geste de shoot si efficace ?

Une mécanique de shoot parfaite

Alors qu’il n’avait que 9 ans, le petit Stephen Curry était déjà envoyé par son coach pour écarter les défenses de zone en mitraillant derrière la ligne. Aujourd’hui encore, le MVP 2015 est la menace numéro 1 avec 46.8% de réussite derrière l’arc cette saison. L’analyse de son geste est édifiante : son shoot est parfait, son aisance est inimitable.

Pour commencer, ses appuis sont impeccables : en stop & shoot ou en sortie de dribble, Steph parvient à avoir des appuis parallèles, légèrement tournés vers la gauche du panier, le pied droit légèrement plus avancé que le pied gauche. Cela lui permet de garantir un axe entre sa jambe droite, son coude et sa main.

Quand Curry shoote, il ne saute pas très haut, à peine 30 centimètres au dessus du sol. Même s’il n’est pas très grand, cela lui permet deux choses : garder un équilibre important dans sa mécanique et avoir un geste beaucoup plus rapide. Il est le joueur avec le shoot le plus rapide de la NBA, mesuré à 0,3 secondes seulement. Il n’a même pas besoin de sauter plus haut pour échapper au contre, il est tellement rapide qu’il ne peut pas être défendu, il a besoin de très peu d’espace pour déclencher son tir.

Le fouetté de poignet de Stephen Curry est parfait. Il est rare de voir un shooteur accompagner aussi parfaitement la trajectoire de la balle avec sa main gauche, tandis que son poignet relâche la balle avec une grande souplesse, de la paume de la main aux bouts de ses doigts, avec le majeur qui lâche le ballon en dernier.

Tout cela permet à Stephen Curry d’avoir un shoot très fiable, très rapide et la maîtrise de sa mécanique lui permet de prendre des shoots très lointains toujours avec la même réussite. Sa prise d’appui lui donne beaucoup de force et lui permet de maîtriser la précision de son shoot même de très loin.

Stephen Curry n’est pas toujours l’exemple à suivre

Le meneur des Warriors va peut-être s’imposer comme le plus grand shooteur de toute l’histoire de la NBA, mais il n’est pas un exemple à suivre pour les jeunes joueurs. En effet, avec son niveau de maîtrise que l’on vient de constater, Stephen Curry peut se permettre des digressions sur son shoot : le haut de son corps est toujours parfaitement aligné, ce qui lui permet de faire des shoots avec des prises d’appui improbables ou les jambes écartées pour provoquer la faute. Il est le seul à pouvoir rentrer ce genre de tir.

Autre écart observé : Stephen Curry accompagne de moins en moins le ballon de la main. Au moment où il shoote, il a tendance de plus en plus à retirer sa main en arrière comme s’il ne terminait pas son geste. En réalité, il fouette toujours son poignet parfaitement, mais retire immédiatement sa main tellement son geste est rapide. Mais ce n’est pas un exemple que tout le monde peut reproduire, à moins de posséder sa vitesse d’exécution. Bien sûr que Stephen Curry possède la mécanique parfaite, mais continuez d’aligner vos appuis et d’accompagner la balle jusqu’au bout pour apprendre à shooter comme lui.

Crédits photo : nba.com

D’Angelo Russell : un crosseur fou en NBA

D’angelo Russell, drafté en seconde position, est déjà annoncé comme la future star des Lakers. Mais malgré la pression, déjà à 19 ans, le joueur fait preuve d’une grande confiance en lui.

Je me considère comme le meilleur joueur de cette Draft.

Si D’Angelo Russell semble garder la tête froide, il lui reste beaucoup à apprendre en NBA. Car si le meneur ne manque visiblement pas de technique, il manque en revanche réellement de respect à tous ses adversaires, la preuve en images :

Grâce à sa technique impressionnante, le jeune D’Angelo a su convaincre les scouts et risque de faire des dégâts dans les défenses extérieures, une qualité qu’on attendra de lui à Los Angeles. De toute évidence, le crossover est son sujet de prédilection et il le maîtrise parfaitement. D’autant plus qu’à la vue de ses highlights, on lui devine un geste de floater efficace. En revanche, les puristes remarqueront que son geste de shoot n’est pas toujours fini (41% à 3pts en 2015 tout de même, difficile de critiquer).

Bien qu’il ne soit pas le joueur le plus athlétique de cette draft, il compense par une belle énergie. Au niveau de la vitesse du dribble, on le voit enchaîner dribbles d’hésitation, changements de direction, dribbles dans le dos, spins, cross, dribbles très courts et rapides de manière très fluide. Son utilisation du crossover est très fréquente et variée : il l’utilise en situation de 1 contre 1 mais sait tout aussi bien jouer avec les défenseurs avec des changements de direction pendant les pick&rolls. Encore plus à l’aise avec les écrans, le jeune meneur parvient à se faufiler jusqu’au panier. On l’a même vu utiliser le signature move de Rondo pendant la Summer League. A la finition, que ce soit avec un jump shoot, en floater ou avec un joli finger roll, D’Angelo Russell combine élégance et efficacité et s’inscrit donc dans cette récente génération de meneurs scoreurs.

Pour conclure, il paraît évident que si D’Angelo Russell parvient à gagner sa place dans le roster des Lakers, il utilisera certainement sa technique et ses qualités de finisseur pour squatter quelques fois les top 10 cette année. En espérant pour les Lakers que le showman aidera à relancer son équipe.

James Harden vs. Stephen Curry

Harden vs Curry

James Harden et Stephen Curry sont deux candidats très sérieux au titre de MVP 2015. A votre gauche, le jeune meneur des Warriors de Golden State, meilleur bilan de la ligue. A votre droite, James Harden, le barbu leader des Houston Rockets. Qui de ces deux prétendants au titre de meilleur joueur de la ligue a le meilleur dribble ? C’est parti pour un 1 contre 1 entre deux joueurs très techniques.

Rapidité

Stephen Curry est un meneur très agile, capable de lancer des contre-attaques très vives et de laisser sur place son défenseur en accélérant brusquement. D’autre part, on donne souvent à James Harden une réputation de joueur assez lent, notamment à cause de ses mauvaises prestations en défense. Pourtant, le flegme de Harden n’est qu’apparent. Malgré une allure parfois pesante, le barbu est capable de s’enflammer et de surprendre des défenseurs pas assez vigilants. Davantage que la rapidité, Harden maîtrise parfaitement les changements de rythme, une arme redoutable.

Avantage : James Harden

Technique

Qui des deux joueurs maîtrise le mieux ses fondamentaux ? Difficile à dire, car ils possèdent tous deux un arsenal offensif des plus complets, et leurs fondamentaux sont parfaitement utilisés. Le Step back et le Two step sont des armes très efficaces de l’arsenal offensif de James Harden, capable de le déclencher même à 3 pts. Curry réalise des step back à longue distance comme il respire. Il est capable de déclencher ses spin moves à tout moment. Il a même ajouté à son arsenal le Dream Shake d’Olajuwon. Finalement, chacun des deux joueurs connait ses fondamentaux sur le bout des doigts, et ils savent comment prendre l’avantage sur leur défenseur en 1 contre 1. Mais c’est bien Curry qui possède la gamme de moves la plus étendue.

Avantage : Stephen Curry

Efficacité

Les deux joueurs brillent par leur efficacité, leurs statistiques parlent pour eux. On le retrouve dans leurs jeux, leurs dribbles aussi sont très efficaces. On voit rarement Harden ou Curry tenter un move compliqué qui ne soit pas justifié. Les deux adversaires jouent justes, sans dribbles superflus. On pourrait dire  que Curry tente des choses trop compliquées. Mais quand il tente un dribble ou un shoot difficile, il n’est pas rare qu’il le réussisse. Il maîtrise tellement son dribble qu’il peut se permettre de tenter des choses incroyables. Même Steve Kerr, son coach, ne peut plus lui reprocher !

Avantage : Stephen Curry

Créativité

Sur ce critère, impossible de ne pas reconnaître la supériorité de Curry. Harden ne démérite pas, il maîtrise effectivement parfaitement ses fondamentaux. Mais Curry va au-delà. Son dribble est tellement sûr qu’il est capable de coups de folie qui enflamment les fans. Il parvient à faire des feintes jamais réalisées. Son dernier double cross dans le dos sur Chris Paul en est l’exemple parfait : il est capable de faire ce qu’il veut de la balle, lui seul est capable de tels coups de génie.

Avantage : Stephen Curry

Conclusion : Stephen Curry ressort vainqueur de ce 1 contre 1 pour le meilleur dribble. Indiscutablement, cette partie de son jeu est l’une des plus importantes. Toutefois, James Harden ne démérite pas. Son talent pour créer son espace et sa capacité à driver ou shooter en font un adversaire coriace. Un duel de haut niveau, qu’on pourrait bien retrouver sur le terrain si les Rockets et les Warriors continuent à gagner en Playoffs.

Les dix meilleurs crossovers de mars

Aujourd’hui, reprenons le top 10 des crossovers du mois de mars 2015 proposé par la NBA. C’est un classement subjectif qui mérite qu’on s’y arrête un moment pour l’analyser.

10 : Stephen Curry vs. les Nets

Plutôt qu’un véritable cross, Curry profite parfaitement de la confusion de la défense des Nets pour passer entre les joueurs et se frayer un chemin jusqu’au panier. L’action est bien réalisée, mais le cross est en fait un simple dribble face à un Mason Plumlee en retard. Admettons que cela passe en numéro 10, mais le meilleur de Curry est à venir.

9 : DeMarcus Cousins vs. Nenê

1 contre 1 entre pivots. Cousins des Kings a un meilleur dribble  que la moyenne des joueurs de son poste. En face, Nenê des Wizards est réputé très dur en défense mais cette fois, le pivot brésilien se fait bousculer. C’est un crossover classique, DeMarcus Cousins emmène son défenseur sur sa droite, rabat la balle brusquement à gauche, ce qui fait perdre ses appuis à Nenê. La particularité de cette action est qu’elle est réalisée par un pivot, qui démontre ici des qualités de dribble assez surprenantes pour sa taille.

8 : Rudy Gay vs. Kevin Séraphin

De base, le duel est inéquitable. Séraphin est un pivot qui sort de sa zone pour venir en aide sur Rudy Gay déjà lancé à pleine vitesse. Il ne lui reste plus qu’à marquer un léger dribble d’hésitation pour fragiliser les appuis du français et en profiter pour aller claquer un dunk. La finition est jolie, ce qui remonte la cote de ce crossover.

7 : Chandler Parsons vs. Ryan Kelly

Là, on rentre enfin dans la violence d’un cross dévastateur. Face au step back entre les jambes de Parsons, Ryan Kelly étend sa jambe gauche en catastrophe, se rate et touche terre. Parsons réagit immédiatement, rabat encore son dribble pour passer ligne de fond et parvient à finir main gauche malgré le retour des Lakers. Très belle action de l’ailier des Mavericks.

6 : J. R. Smith vs. Brandon Knight

On monte en puissance dans ce top 10 avec encore une belle chute de Brandon Knight. Smith lance une feinte de dribble vers le panier, Knight recule en catastrophe et tombe quand Smith s’arrête brusquement. Le cross est parfaitement réussi. Mention spéciale avec Smith qui préfère quand même passer à Love démarqué à 3pts plutôt que de forcer un shoot pour terminer d’humilier son adversaire.

5 : Stephen Curry vs. Chris Paul

Duel au sommet entre deux meneurs avec un très bon dribble. Cette fois, Chris Paul oublie la règle de base du défenseur : ne pas sauter ! Cette vidéo en est la démonstration parfaite, une fois en l’air, Chris Paul n’a plus qu’à regarder Curry se décaler pour prendre un shoot démarqué. Sa feinte n’était pourtant pas très prononcée, juste assez crédible pour tromper le meneur des Clippers.

4 : Deron Williams vs. Brandon Bass

Encore un cross contre un malheureux pivot. Suite à une confusion défensive, Brandon Bass doit défendre sur le meneur des Nets. Le pauvre Celtic mord à chaque feinte. Un premier cross à gauche, puis à droite et enfin à gauche. A chaque fois, Bass se jette sur l’autre côté jusqu’à être complètement dépassé. Williams n’a plus qu’à se débarrasser de lui pour déclencher son floater.

3 : Ty Lawson vs. Isaiah Canaan

Ce crossover est un superbe ankle breaker. Ty Lawson part sur sa droite, revient brusquement sur son dribble, marque une légère hésitation puis repart immédiatement du même côté. C’est l’hésitation qui fait perdre l’équilibre au défenseur, pourtant bien revenu face à Lawson après le premier cross.

2 : Lance Stephenson vs. Anthony Tolliver

Cette action ne mérite pas d’être aussi haut dans le classement. Une apparition aurait suffit car en soi, le défenseur trébuche immédiatement presque tout seul. Lance Stephenson n’a plus qu’à se décaler pour shooter. Effectivement l’échec du défenseur est cocasse, mais la réalisation purement technique de ce « cross » ne mérite pas une deuxième place.

1 : Stephen Curry vs. Chris Paul

On retrouve à cette première place le duel entre deux des meilleurs meneurs de la ligue. Chris Paul chute face à un dribble improbable de Curry ligne de fond. Pour ce cross dans une position inattendue, Curry déclenche un dribble entre les jambes vers le panier enchaîné immédiatement avec un dribble dans le dos très rapide. Il s’éloigne alors de Chris Paul qui pensait devoir revenir en arrière et peut tranquillement shooter. Originalité, exécution parfaite, chute du défenseur et efficacité : ce move réunit tous les ingrédients pour être élu meilleur cross du mois.

Le Sky Hook

Le Sky HookLe Sky Hook est un shoot inventé et sublimé par Kareem Abdul-Jabbar. Réputé impossible à contrer, c’est un mouvement complexe à maîtriser pour les pivots.

La technique de ce shoot est assez simple et prodigieusement efficace. Il permet de se positionner dans une position de shoot équilibrée, tout en mettant la balle largement hors d’atteinte du défenseur. En plaçant ses appuis en double pas, Kareem Abdul-Jabbar positionne ses épaules à la perpendiculaire du panier. Cela permet de protéger la balle avec son corps, d’autant plus qu’il peut gêner son défenseur avec son autre bras. Il monte la balle en sautant, en lançant son genou droit en l’air et en gardant son autre jambe parfaitement droite pour l’équilibre. De la main droite, il monte la balle le plus haut, jusqu’à ce que son bras soit levé au maximum. Le mouvement circulaire de son bras se termine par un ultime fouetté de poignet. Ce geste donne à la balle sa rotation et ajuste le tir pour qu’il finisse directement dans le panier, sans utiliser la planche.

La combinaison entre le mouvement du bras et le fouetté de poignet est très difficile à doser. Quand on le voit déclencher son Sky Hook, on dirait que Kareem Abdul-Jabbar place la balle le plus haut possible, et seulement après avoir pris son équilibre au point culminant, il la relâche d’un simple coup de poignet ajusté parfaitement. Même à plusieurs mètres du panier, son geste est toujours aussi efficace.

Le meilleur pivot de tous les temps utilise évidemment sa taille (2,18 mètres), mais le geste en soi permet aussi de ne pas être contré par des plus grands que lui. Kareem explique dans une interview sur ESPN ce qui rend son Sky Hook impossible à contrer :

« Quand je shoote de cette manière, je force les défenseurs à attendre que je monte la balle. Et s’ils attendent jusqu’à ce que je commence mon shoot, ils sont obligés de prendre le temps d’estimer la hauteur et le timing, alors qu’il est déjà trop tard. C’est là toute la beauté de ce shoot. »

Kyrie Irving Triple Spin

Kyrie Irving Damian Lillard

Kyrie Irving est probablement le meneur au dribble le plus rapide et le plus sûr en NBA. Au début de cette saison 2014-2015, tous les projecteurs seront braqués sur lui, puisqu’il est aujourd’hui à la tête d’un roster monstrueux depuis que LeBron James et Kevin Love ont signé à Cleveland. Étudions donc aujourd’hui un move du futur meneur de cette armada.

Damian Lillard, solide défenseur, est complètement à la masse devant cet enchaînement rapide de feintes. Il se découpe en trois feintes, avec des appuis placés afin de les faire suivre très rapidement.

Le premier spin semble être un spin move de base : il emmène la balle à l’opposé main droite en tournant sur son pied gauche. Mais il bloque ce mouvement en décollant ses deux appuis. Il atterrit immédiatement sur ces deux pieds, ce qui lui permet de se remettre face au panier, en se retournant dans le sens contraire.

Cette première feinte consisterait une feinte de spin déjà efficace. Mais Irving ne s’arrête pas là et rajoute un ultime mouvement. Au lieu de prendre le tir, il le feinte : mains en position, appuis face au panier et regard vers le cercle. Cela achève son défenseur, qui a déjà sauté et très largement perdu ses appuis.

Alors Irving n’a plus qu’à se retourner une dernière fois. Le champ est libre, il utilise son pied gauche de pivot pour enrouler une dernière fois le défenseur et prendre un tir ouvert simple avec une prise d’appui sur son seul pied droit.

Pour résumer :

  1. Spin move vers la gauche pied gauche, avec la balle main droite
  2. Retour vers le sens opposé sans finir le spin : poser les deux appuis et stopper le dribble
  3. Feinte de tir
  4. Retour en spin vers la gauche sur le pied de pivot
  5. Shoot

Vince Carter Spin Fade Away

Vince Carter est un scoreur incroyable, un monstre aussi bien physique que technique, connu pour ses dunks rageurs et son jeu spectaculaire. Vous pouvez lire sa bibliographie complète, que j’ai publiée sur le site Basket Retro.

Ici sous le maillot d’Orlando, Vince Carter réalise un move qu’il utilise souvent. Il possède en effet une grande variété de tirs en fade away, sa spécialité.

Le fade away est un tir redoutable, plus difficile à maîtriser, il est cependant très utile pour conclure un move dans l’élan ou créer de l’espace avec le défenseur. Dirk Nowitzki est un des spécialistes de ce tir, dont vous pouvez retrouver l’analyse ici. Dans ce move tiré d’un match de présaison, Vince Carter profite de l’écran de Ryan Anderson pour se faufiler dans la défense et aller placer son fade away à 0°. C’est un move rapide assez compliqué à réaliser correctement car il faut savoir garder une position de shoot équilibrée.

Vince Carter crée son espace en se faufilant entre l’écran placé par son coéquipier Ryan Anderson et les défenseurs. Il pénètre donc dans la raquette, alors légèrement décalé par rapport à la balle. Il profite de ce déséquilibre et place un spin, une rotation autour du défenseur qui vient en aide.

Il entame son mouvement de rotation vers la droite en entrant dans la raquette. Il prend ensuite la balle à deux mains tout en commençant sa rotation. Comme tout spin, il place son pied de pivot, ici le pied gauche. Dans l’idéal, c’est effectivement le pied qui est dans la direction du spin qu’il faut choisir comme pied de pivot, cela rend le reverse plus naturel et permet de protéger davantage la balle.

Sauf qu’ici ce n’est pas un simple reverse pour enrouler son défenseur et continuer à dribbler. Ici, Carter gère ses appuis et ce spin comme ses deux derniers appuis avant son tir pour un simple double pas. Le premier appui pied gauche sert donc à placer la rotation. Ensuite, le second appui pied droit va chercher le plus loin possible vers le panier, c’est un grand pas rapide qui permet d’enrouler et d’éloigner le défenseur. Cet appui est difficile à réaliser, mais Vince Carter parvient à être très rapide et à l’aligner parfaitement pour faire une rotation à 180° (à partir du moment de l’arrêt du dribble).

Le dernier appui doit alors donc s’aligner sur ce deuxième pas, il cherche à prendre la position de shoot la plus équilibrée possible. Pour cela, son élan l’oblige à placer son pied gauche légèrement en arrière du pied droit. En plaçant ce dernier appui, Carter fléchit les jambes. Ainsi, dès que les appuis sont placés, il peut donc sauter immédiatement pour placer son tir en suspension. Du fait de son élan, le jump shoot est plus facile à maîtriser pour lui en sautant en arrière. De plus, avec son élan, il est contraint d’être légèrement déséquilibré. Mais cela peut être maîtrisé, en travaillant le fade away à l’entraînement. Il profite donc de sa vitesse pour créer son move et s’éloigner de son défenseur, pour trouver une position de shoot confortable.

Pour résumer :

  1. Pendant le dernier dribble, commencer à emmener son corps vers un côté de façon à tourner le dos au défenseur.
  2. Arrêt du dribble. Placer le pied de pivot en face du défenseur, tout en entamant sur cet appui un spin dans la direction du pied choisi.
  3. Emmener le pied amovible le plus loin possible, en restant dans l’alignement de la course malgré un spin rapide.
  4. Placer le pied pour avoir les appuis en position de shoot la plus confortable possible.
  5. Sauter en profitant de l’élan, en s’éloignant légèrement du panier, mais en gardant la balle levée en position de shoot.

Le crossover

Vous pouvez retrouver des explications et conseils des mouvements de base, toujours avec des analyses complètes appuyées par des vidéos de NBA. Ces moves sont les bases à maîtriser pour commencer à apprendre d’autres moves plus complexes, qui sont souvent de savants enchaînements de ces mouvements basiques.

Comment bien faire un crossover ?

Le crossover est le move de base par excellence, le premier qu’il faut apprendre quand on essaye de passer son défenseur. Il est très basique mais très important, et peut être hyper efficace quand il est parfaitement maîtrisé. Tim Hardaway est l’un des premiers joueurs à avoir rendu célèbre le crossover, renommé le « killer crossover ».

Le crossover est très simple sur le principe : c’est un changement de direction dans le dribble. Le premier dribble feinte un départ pour tenter de forcer le passage, enchaîné directement à un second dribble qui part dans l’autre direction. Le principe est très simple mais cela doit être très bien exécuté pour être efficace. Voici donc les ingrédients pour réussir à passer son défenseur avec un crossover :

Soigner les appuis

Le move étant basique, la feinte de départ doit évidemment être crédible. Cela passe principalement par les appuis. Ils doivent être placés dans le sens de la feinte de départ, avant de changer brusquement vers le côté opposé. Cela permet aussi de marquer la feinte de corps. Il faut donc les maîtriser parfaitement pour pouvoir partir de l’autre côté rapidement sans perdre du temps ou l’équilibre.

Avoir un dribble très rapide

Le dribble de changement de direction pour être efficace doit être très rapide. Il sera plus efficace s’il est réalisé très près du sol. En plus de protéger la balle du défenseur, cela accélérera le changement de direction si le dribble est court.

Changer le rythme

Le changement de rythme dans le dribble déséquilibre davantage le défenseur. En effet, le dribble rapide sera d’autant plus surprenant et efficace s’il est précédé d’un léger flottement dans le dribble et dans l’intention. Il faut marquer très légèrement une hésitation juste avant le crossover, feinter une attaque relativement timide juste avant de déclencher le dernier dribble très rapide pour achever de passer le défenseur.

Rendre la feinte crédible

On dit que c’est l’intention qui compte… et c’est aussi vrai pour un crossover. En plus du travail du placement du corps et des appuis, il faut aussi que le défenseur voit dans l’attitude de l’attaquant une véritable intention de feinte. Cela passe notamment par le regard, qui doit être tourné vers la direction feintée.

Bien choisir son côté de départ

La feinte doit se faire d’un côté précis. Il faut prendre en compte son côté préféré évidemment, mais attention à ne pas privilégier trop souvent le même côté, au risque que le défenseur ne soit plus surpris. Il faut donc pouvoir attaquer des deux côtés. Le côté de feinte et de départ doit plutôt prendre en compte la situation.  Généralement, le défenseur choisit de garder un côté plus particulièrement, celui qu’il estime plus fort. Il faut aussi prendre en compte la situation de jeu derrière le défenseur, pour pouvoir conclure l’action d’un côté assez libre après le crossover plutôt que d’aller s’enfermer vers d’autres adversaires.

Faire des variations

Enfin, pour toujours surprendre le défenseur, il est possible de faire des variations : Le dribble peut se faire entre les jambes ou dans le dos (cela est un plus difficile à maîtriser et peut être un peu moins rapide mais c’est encore plus surprenant et permet de protéger la balle). On peut aussi doubler le crossover, c’est-à-dire refaire un autre changement de direction.

Le crossover peut être intégré à d’autres moves, et faire partie d’un enchaînement d’autres mouvements. Vous en trouverez beaucoup d’exemples sur le blog, le crossover est aujourd’hui un move incontournable qu’on retrouve dans de nombreux moves d’arrières :

Exemples de variations de crossover :